Une journée particulière

Par Fred

Publié le 29 octobre 2015

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Je suis à l'arrière d'un moto-doup et je traverse Phnom Penh. Il est 12h30. J'ai passé la matinée dans une salle climatisée, et la chaleur me semble d'autant plus forte. Il y a bien quelques nuages qui moutonnent à l'horizon, mais la pluie salvatrice n'est pas pour tout de suite. Je quitte le quartier du Wat Phnom et je passe devant la gigantesque tour contemporaine en forme de Naga (ce serpent à plusieurs têtes présent dans beaucoup de contes khmers). Il y a quatre ans, la première fois que je suis venu, cette tour n'existait pas. Phnom Penh change vite et monte de plus en plus vers le ciel. Trois kilomètres sur le Boulevard de Russie sont nécessaires pour rejoindre la maison. Les bouchons sont moins nombreux que ce matin, et l'odeur de gasoil moins présente. Je regarde les étals colorés des marchands sur le bord de la route, les motos transportant des familles entières, et les frangipaniers qui ont commencé à fleurir. J'adore traverser Phnom Penh à l'arrière d'une moto. L'ombre fraîche des arbres du campus universitaire me fait de l'oeil, mais il faut rentrer : aujourd'hui, c'est l'arrivée de Luc, et l'équipe de tournée de notre spectacle sera enfin au complet.

À la maison, tout le monde est là. Luc n'a pas l'air trop fatigué de son long voyage, et sa présence rajoute un peu plus de gaité à nos retrouvailles quotidiennes. J'avale vite fait un bol de riz avec un reste du merveilleux plat préparé par Somlot hier-soir(du porc haché sauté avec des courgettes et des crevettes). Il faut que je me dépêche, parce que, le mardi, on commence les répétitions à 13h : les acteurs de Kok Thlok jouent tous les mardis soirs et il doivent nous quitter plus tôt que les autres jours. Tout le monde a déjà bien bossé toute la matinée : construction du décor, des marionnettes, ateliers avec les enfants du Lycée Français de Phnom Penh, travail musical … personne n'a eu le temps de s'ennuyer.


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La répétition commence comme d'habitude : on marche dans l'espace, selon plusieurs vitesses, on se dit « bonjour » ou « chumriepsueu » en recevant le regard de l'autre, on tâche d'occuper l'espace de façon homogène … Lili nous arrête, nous demande de fermer les yeux, puis de désigner Malis de la main droite, Koïba de la main gauche, et Fanny de la jambe droite. Et puis on ouvre les yeux pour constater … que plusieurs d'entre nous se sont quand même pas mal trompés. Dans un sourire, Luc lâche : « Vous auriez quand même pu m'épargner ça pour mon premier jour ! ».

Dans un coin du plateau, nous avions tous vu une petite maquette, qui nous rendait curieux. François nous demande de nous asseoir tout autour, et il nous explique comment se dessine l'espace de notre spectacle, grâce à la maquette de Fanny. Ça nous plaît. Nous nous projetons encore un peu plus dans l'histoire de Un Oeil, Une Oreille. Et puis François nous explique qu'aujourd'hui, nous travaillerons par petits groupes, sous forme d'ateliers : parce qu'il faut avancer sur des choses précises et techniques, et pour que Luc arrive en douceur dans le travail. Pour son premier jour, il s'installe donc, avec Kali, Ka, Malis, et plein d'instruments, dans le salon, histoire que nos musiciens se rencontrent par la musique. Fanny retourne dans sa chambre pour bosser sur les maquettes. Aurélie, Koïba, François et moi allons sur la terrasse pour travailler sur les marionnettes. De son côté, Jean-Christophe est parti faire des repérages de l'endroit où nous jouerons pour l'Institut Français. Quant à Sovann, elle a droit au repos cet après-midi, parce qu'elle a des journées particulièrement chargées.


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Je découpe et perce le cuir, dans l'objectif de fabriquer la main du personnage « Une Oreille ». Venant du rez-de-chaussée, les explorations musicales des collègues accompagnent mes pensées. Sans que nous nous en rendions compte, le temps passe. Toute la troupe de Kok Thlok est déjà dans la cour : Koïba, Malis et Ka doivent les rejoindre pour aller jouer. L'équipe française continue à travailler quelques temps, pendant que la nuit tombe, que le ciel s'assombrit, et que le tonnerre commence à se faire entendre. La pluie arrive ! Et les moustiques aussi : je m'enduis le corps de citronnelle pour les éloigner. Et je pense avec jalousie à mes amis khmers qui ne se font presque jamais piquer. Sans doute les moustiques préfèrent-ils les petits blancs gringalets dans mon genre. Alors je m'échappe dans la chambre, j'allume le ventilateur, et je me mets à écrire ce billet.

D'habitude, Somlot prépare un grand dîner, pour toute l'équipe, que nous dévorons avec délice tous les soirs à la fin de la répétition, avant d'aller nous coucher. Mais comme aujourd'hui c'est mardi, et que le mardi est une journée particulière, nous décidons d'aller dîner en ville. Au programme : les fabuleuses crevettes au poivre vert de notre cantine favorite, le Kania Khea, arrosées de bière aux glaçons. Le repas idéal pour célébrer l'arrivée de Luc !

Et je m'arrête là, parce que j'en ai l'eau à la bouche …


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PS : les photos sont de Cécile Morineau et ont été prise dans le quartier Boeng Kak à Phnom Penh, où des graffeurs ré-inventent régulièrement les murs.

Pour nos jeunes enquêteurs de la boîte à indices, on parle dans ce billet de l'indice n°5 !

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