Un oeil à Caychac, une oreille à la Grange

Par François

Publié le 26 mai 2015

Depuis novembre 2014, nous animons un atelier à l'hôpital de jour de Caychac. 7 enfants ont été choisis pour expérimenter avec nous l'ombre et la lumière, le corps et le papier. Comme d'habitude, il a fallu apprendre à se connaître. Pas toujours évident quand on se voit toutes les 3 semaines à raison d'une heure et demie par séance. Mais bon, à force d'amusement et de volonté, nous arrivons à nous rencontrer. Je connais maintenant les prénoms de chacun, même si parfois j'appelle Ethan Niels, interpelle Maélis alors qu'il s'agit de Romane, tandis qu'Aurélie évoque Maryline quand il s'agit de Natacha. Les corps se libèrent de temps à autre, tantôt réticents à s'engager devant l'écran d'ombres, tantôt ravis de se cacher derrière. Malaxant le papier kraft pour lui donner forme humaine, le caressant pour lui donner une apparence monstrueuse. Chacun avance à pas feutrés sous les lumières, devant les lumières, portant les lumières. Le pas s'affirme, devient plus convainquant. Nous sommes balbutiants et pourtant nous entreprenons déjà un exercice plus fou encore. Nous créons un spectacle.

Le 2 juin prochain, à la salle de l'ABC de Blanquefort, il y aura foule des deux côtés de l'écran d'ombres. D'un côté, les camarades de l'hôpital de jour et quelques invités dans une salle pleine à craquer. De l'autre, des ombres inquiètes, impatientes, des corps prêts à avancer, tâtonner : Maélis, Erwann, Niels, Romane, Dya, Emile et Ethan, mais aussi les infirmières Natacha et Maryline, notre musicien Luc Girardeau, et puis sans doute Aurélie et moi, prêts à vivre ensemble l'expérience de la scène, à révéler ce qui se cache au coeur de nos êtres, nos créatures obscures, nos ombres fantastiques.

Un spectacle de dix minutes qui nous aura demandé six mois d'attentions et d'efforts pour n'exister qu'une seule fois. Les Ombres Fantastiques vivront pour un instant d'imaginaire partagé.

 

 

 

 

Et on partage aussi au sein de l'équipe artistique française d'Un Oeil, Une Oreille ! Pour mieux me faire comprendre, chacun aura son étiquette.

Il y a eu d'abord Fred (marionnettiste), Fanny (scénographe) et moi (metteur en scène) à Phnom Penh en octobre 2013, avec des acteurs et musiciens cambodgiens (Ka, Malis et Kuba) qui tentaient de comprendre nos recherches faites de petits bouts de papier, et un Kompheak (directeur de Kok Thlok) opérant en tant que consultant sur la dramaturgie. Puis il y a eu la présentation au Festival Méli-Mélo en février 2014, pour laquelle Fred, Aurélie (aide à la mise en scène, mais, sur ce coup-là, marionnettiste), Luc (musicien), Kali (musicienne et bientôt également marionnettiste) et moi-même, nous nous sommes réunis.

Il nous manquait encore d'y ajouter Jean-Christophe pour les lumières, et Simon pour ses idées d'instruments faits maison, et de réunir tout ce beau monde. Ce que nous avons enfin pu faire à La Grange le mois dernier pendant trois jours.

Très heureux de pouvoir enfin parler de tout ce qui me trotte dans la tête depuis deux ans, je mesurais pourtant l'ampleur de la tache. 3 jours pour confronter les corps des interprètes et des techniciens sur un plateau, expérimenter avec la lumière et le papier, continuer à tisser la collaboration avec Aurélie, reprendre le travail de scénographie là où nous l'avons laissé il y a deux ans, y impliquer Jean-Christophe, continuer à imaginer le corps d'Une oreille, son rapport à la matière et aux instruments. Brasser, susciter des connivences, créer l'occasion de la rencontre pour ceux qui ne se connaissent pas, de se re-connaître pour les autres, dans un contexte d'équipe à inventer.

Nous avons donc ouvert certaines voies, fermé d'autres pistes. Simon (Gogo Gadget aux instruments) a un peu chamboulé le programme dejà bien chargé en nous embarquant dans des envies d'instruments qui sont devenues des envies de scénographie.

Et puis comme on était là enfin tous ensemble, il fallait faire le point sur la production du spectacle, sur le calendrier avec Fabien, notre chargé de production, qui travaille quotidiennement sur le projet depuis deux ans. Et puis comme si on n'avait pas envie de s'arrêter là, il fallait prendre des photos et imaginer une affiche avec Sébastien, car nos programmateurs nous demandent d'ores et déjà des éléments de communication.

Et puis, au coeur de tout ça, il fallait préparer et laisser une place dans ce projet pour nos amis cambodgiens. Entrouvrir la fenêtre et rêver qu'un courant d'air nous apporte un peu d'eux. Je sors ravi de ces trois journées, et rassuré en attendant la suite. Lessivé mais fier de nos avancées.

Phnom Penh est à 5 mois et 10 000 km de nous. Enfin pas tout à fait puisque je vais mener en solo une escapade de reconnaissance le mois prochain. L'occasion de semer à nouveau quelques graines, pour pouvoir nous élancer d'un bond entre octobre 2015 et en janvier 2016 vers l'envolée d'Un Oeil et Une Oreille.

 

Plus d'images sur la page du spectacle : Un Oeil, Une Oreille

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