Rincé

Par Frédéric Vern

Publié le 28 août 2014

Nous avons quitté Aurillac il y a déjà trois jours. La Laverie Paul Doumer, le collectif de 15 compagnies auquel nous participions, a fait son travail de lessiveuse : je suis rincé !

 

C'est la 5ème fois que je joue à Aurillac. Cette édition a été encore un peu plus forte que les précédentes : peut-être parce que je jouais dans deux spectacles chaque jour (La Fortune de Jeanne et Gluten Boob), peut-être parce que les températures étaient glaciales, sans doute surtout du fait de la richesse de l'aventure collective.

 

Pourquoi allons-nous tous à Aurillac ?

La réponse la plus évidente est que nous y jouons pour nous faire connaître, et pour vendre nos spectacles. Le Festival est une sorte de foire-expo du spectacle de rue (pas forcément « de rue » d'ailleurs). L'avantage et l'inconvénient, c'est que, à Aurillac, tous les spectacles peuvent se jouer : cette année, nous étions près de 900 chaque jour.

 

On y va aussi, bien sûr, pour le public. Il y est très varié, et à la fois exigeant et chaleureux. Ça nous permet de tester une nouvelle création (comme Gluten Boob, pour moi, cette année), de roder un spectacle un peu moins neuf, ou de profiter de ce rapport très direct avec les spectateurs sur un projet plus aguerri (comme La Fortune de Jeanne). La communication avec le public est simple, le bouche à oreille fonctionne à plein, en bien ou en mal, malgré la courte durée du festival, et nous sert souvent de leçon.

 

De gauche à droite : Cécile Maurice, Emmanuel Gil, Thierry Forgue et Jérôme Martin

Mais, je découvre que « faire Aurillac » a aussi des intérêts moins évidents, et néanmoins précieux. C'est la dimension humaine de l'aventure. Du fait de la fatigue, du partage (choisi ou forcé) des espaces de jeu, de la complexité des enjeux pour nos compagnies, nous sommes tous dans un état émotionnel très particulier. Si on ajoute à tout ça le fait qu'on va voir plein de spectacles, qu'on pleure et qu'on rit plusieurs fois par jour, qu'on se critique, s'analyse et s'encourage en permanence les uns les autres, on comprendra que nous n'y sommes pas tout à fait dans notre état normal. On s'y découvre autrement au sein de nos équipes, et on rencontre nos collègues. On échange, on partage, on boit des verres ensemble en discutant sans fin, on s'aide à monter et démonter nos décors, on dit parfois tout le mal qu'on pense du travail des uns, on clame notre admiration du travail des autres … Tout ça stimule la rencontre, enrichit les échanges, et nous fait beaucoup grandir.

 

C'est cette dimension relationnelle et humaine, qui cette année, a été particulièrement forte pour moi. Et notamment, bien sûr, avec tous les artistes et techniciens des 15 compagnies réunies dans la Cour Paul Doumer.

 

Je garderai de cette édition l'envol tardif mais si beau de Gluten Boob et le plaisir sans cesse renouvelé à jouer La Fortune (merci Caro), les rires revenus d'Aurore, l'indispensable gouaille de Kevin Dylan Velours, une admiration pleine de respect pour Simon et ses 3 spectacles par jour, la découverte jubilatoire du spectacle de Jérôme, les discussions avec Tof au bar de Sophie, mes pleurs devant la Llorona, la beauté de l'engagement des Humanophones et leurs précieux câlins, le partage d'une nouvelle aventure encore avec François, le succès si mérité de Manu, la générosité des indispensables bénévoles, les discussions sans fin sur le son alors que je n'y connais rien, l'injustice de la pluie envers mes copains de l'Art Hache Scène, les chansons entêtantes et les fidèles coups de mains du GIVB, l'engagement à toute épreuve de Seb, ma folle danse avec Leïla le samedi soir et ma délicieuse complicité avec Cécile, la ténacité de Julie et Fabien, les crêpes « minute » d'Alda notre logeuse au petit-déj, le champagne du dernier soir, et toutes ces émotions contradictoires qui se sont succédées à une allure folle pendant une semaine.

Alors, oui, je suis rincé. Fatigué. Mais propre comme un sous neuf. Prêt à continuer à inventer et à partager. Merci à tous.

 

Retrouvez la Compagnie !

Pour suivre notre actualité, vous pouvez aussi nous retrouver sur notre page Facebook ! La newsletter des 3â (www.les3a.fr) vous informera également de toutes les prochaines représentations des spectacles de la compagnie, ainsi que de ceux de nos amis ! N'hésitez pas à vous y inscrire.

Toujours connectés !

Vous n'utilisez pas les réseaux sociaux ? Inscrivez votre adresse e-mail ci-dessous, afin de rester informés des prochaines représentations de nos spectacles :


Mentions légales

© Copyright 2014 Compagnie l’Aurore
Site réalisé par Studio SG et hébergé par 1&1 Internet SARL, 7, place de la Gare, BP 70109, 57201 Sarreguemines Cedex (FRANCE).