Reliefs de papier

Par Jean-Christophe

Publié le 05 novembre 2015

 

Pour la troisième fois je pose mes pieds sur ces terres rouges. Je retrouve les odeurs, la chaleur et l'effervescence tranquille.

J'aime apprendre encore de ce pays auquel je m'attache de plus en plus.

Le sourire plongé vers le haut, soutenu par les chants des margouillats, amène le regard à s'émerveiller et s'étonner encore.

On peut tourner le visage vers un groupe d'enfants s'inventant un jeu qui a la forme d'un lancé de tongs.

Quand de l'autre côté, on entend un bloc de glace surdimensionné se faire découper à la scie circulaire.

Notre regard se trouve dans la facilité à se mettre à neuf tous les jours.

 

 

Je suis là pour la lumière. Je la trouve si facilement dans les yeux des personnes et si particulière à l'atmosphère des espaces de Phnom Penh.

Mais pour l'éclairage de spectacle, c'est une autre histoire.

J'ai eu la chance de rencontrer Neang, technicien général pour l'alliance française et le Palais Royal, entre autres. Il m'a gentiment proposé de me prêter six PC (projecteurs) mais sans lampe car on ne les trouve pas ici. Il m'a aussi raconté qu'il s'était fabriqué des lumières dans des fours Cambodgiens. Ces fours sont en pierre ou en terre...

Je passe sur ce coup là. Mais je vais creuser l'idée et chercher.

Chiner le Cambodge pour écrire "le jeu savant, correct et magnifique des volumes sous la lumière" (1).

Arpenter les longueurs des rues numérotées à la recherche de quelques matières qui pourraient servir la construction de notre travail.

Affûter son attention aux nombreuses boutiques "brocante".

Nous sommes là, à dessiner et partager sur les murs et sur la peau. Nous nous inscrivons petit à petit dans la vie de « Samnang Dop Pi » qui devient aussi notre quartier.
 

 

Au temps des polichinelles, sous l'œil et l'oreille de François, Aurélie et Sovann, nous avançons, le corps enveloppé de fibre végétale vers ce qui nous semble doux et juste.

L'après-midi est le temps de la recherche collective. Dans l'échange de regards du début des séances, nous apprenons à nous traverser un peu plus. Dans les déplacements de Koiba, il y a la force, la grâce et la rondeur. Les mouvements de Ka sont la verticale et la souplesse. Malis porte la musique et la présence de son prénom dans les yeux.

Comme des "pompiers bien cadencés" (2), nous manipulons des mains de papier pour créer un monstre et des monstres. Nous imprimons sur les feuilles à musique ce qui pourrait être le début de la chorégraphie du spectacle. A la nuit tombée (vers18h, ici, toute l'année), je m'amuse avec les quelques jouets ramenés de France à éclairer les ombres sur les reliefs de papier.

Chercher à rencontrer l'ombre.

Et demain, comme aurait pu nous souffler Cervantes :

"Que le papier parle et que la langue se taise".

 

Ps : pour ceux qui n'auraient pas compris, l'indice aujourd'hui dévoilé était ... le papier Kraft ! (mais avec quelques touches de lumière...)

(1) : Formule empruntée à Le Corbusier.

(2) : Si vous trouvez cette contrepèterie vous pouvez l'envoyer par mail à la compagnie avec vos sensations sur notre travail.

Retrouvez la Compagnie !

Pour suivre notre actualité, vous pouvez aussi nous retrouver sur notre page Facebook ! La newsletter des 3â (www.les3a.fr) vous informera également de toutes les prochaines représentations des spectacles de la compagnie, ainsi que de ceux de nos amis ! N'hésitez pas à vous y inscrire.

Toujours connectés !

Vous n'utilisez pas les réseaux sociaux ? Inscrivez votre adresse e-mail ci-dessous, afin de rester informés des prochaines représentations de nos spectacles :


Mentions légales

© Copyright 2014 Compagnie l’Aurore
Site réalisé par Studio SG et hébergé par 1&1 Internet SARL, 7, place de la Gare, BP 70109, 57201 Sarreguemines Cedex (FRANCE).