Les derniers instants

Par Koiba et Kalima

Publié le 18 mars 2016

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Aujourd’hui, avant-dernier jour de nos amis khmers en France. La tournée est terminée. Il nous reste quelques heures à partager. Je m’installe sur la table de la cuisine avec Koiba afin de recueillir ses impressions sur son séjour parmi nous, dans son anglais qui s'est amélioré de jour en jour :

Kali : Comment vas-tu aujourd’hui ?

Koiba : Je suis heureux, j’ai joué au jeu vidéo. Hier soir je n’ai pas beaucoup dormi. Je suis un peu fatigué mais heureux, car ce soir je vais à la fête avec mes amis et je vais beaucoup danser.

Kali : Quelles sont les différences entre ici et Phnom Penh, pour toi ?

Koiba : Premièrement c’est difficile. Quand je suis venu je me suis demandé comment vivre, trouver le rythme et où habiter, car je ne connaissais pas bien les gens. Je peux parler un peu, mais ici c’est difficile pour moi de communiquer. Quand on est arrivé à Oloron et qu’on a travaillé beaucoup, et beaucoup de représentations, j’ai appris à ce moment là quel allait être le rythme de travail. Parfois difficile, parfois non. Lorsque le travail à Oloron s’est terminé nous sommes venus vivre chez toi et Luc, je me suis senti heureux, mais c'était difficile aussi, car je ne savais pas comment parler. Parfois je suis resté assis à écouter parler les autres sans pouvoir participer, mais après ça à commencé à venir, et je suis heureux car avant c’était très dur pour moi. Ici c’est comme la famille, tu cuisines beaucoup pour moi et Ka aussi, moi je ne cuisine pas mais je nettoie comme ça j’ai l’impression d’être utile. Et quand je m’ennuie je joue à Mario Kart, ou j’aide Luc à couper du bois, et ça me fait du bien.

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Kali : Est-ce que le travail avec la Compagnie l’Aurore t’a plu ?

Koiba : Pour le spectacle, c’est difficile pour moi de jouer avec ces marionnettes car je ne les avais jamais utilisées avant. Les marionnettes au Cambodge ne sont pas les mêmes. Au début j’ai cru que je n’y arriverais pas car c’est très différent. Quand je travaillais, avec les changements au début, j’avais du mal à tout retenir. Et quand on travaille beaucoup parfois, je fais bien, et parfois non. Mais à force j’ai fini par comprendre quand est-ce que mon travail était bon ou non. Je remercie François, car jour après jour, il a critiqué de façon juste pour nous tous. J’aime sa façon de faire et de diriger les artistes. Merci encore François, car au début j’avais peur de ne pas pouvoir servir l’histoire, alors j’ai essayé encore et encore et maintenant j’en sais un peu plus.


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Kali : Est-ce que tu trouves que la façon de travailler des artistes est la même en France qu’au Cambodge ?

Koiba : Beaucoup de différences, au Cambodge c’est pas pareil. J'ai commencé à Kok Thlok et je n’étais pas artiste, juste technicien. Ensuite j’ai appris à faire et manipuler les marionnettes traditionnelles. Les gens de Kok Thlok m’ont beaucoup aidé,  je voudrais remercier Hoen, Rama et Ka pour avoir passé du temps à m’aider, et Sok Mom, Cham Roeun, qui m’a beaucoup donné d’informations sur les sbaek thom. Maintenant je peux jouer. Et puis je voudrais remercier Kompheak pour tout ce qu’il a fait pour moi, et la confiance qu’il m’a donné, ainsi que ses encouragements sur le travail artistique.

Kali : Aimes-tu la nourriture ici ?

Koiba : Pour la nourriture, parfois je ne connais pas les noms, mais Kali, tu cuisines pour moi. Souvent je n’aime pas, mais j’essaye beaucoup, 1 fois, 2 fois, parfois 3 fois le même repas (il rit) … Au début difficile, dans certains endroits, pour les dents, et pour l’estomac. Mais je te remercie car quand je suis malade, tu fais des plats pour moi et après je suis guéri.

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Kali : J’imagine que tu es très heureux de rentrer au Cambodge et de revoir ta famille ?

Koiba : Oui, j’ai attendu longtemps et je suis content de retrouver les miens. Mes frères et sœurs sont seuls, je dois m’occuper d’eux. Quand je vais les retrouver, je vais pouvoir m’occuper d’eux à nouveau. C’est difficile pour moi car je m’inquiète beaucoup pour leur avenir. Mais quand on a travaillé en France pour les répétitions, j’ai du arrêter d’y penser, car je ne pouvais pas me concentrer. J’ai du faire des efforts pour ne pas y penser, et me concentrer seulement sur le spectacle.

Kali : Quelle est la première chose que tu voudrais faire en rentrant chez toi ?

Koiba : Je veux aller voir les gens de ma famille. Quand je vais rentrer, je sais qu’ils seront heureux de me revoir, alors je suis impatient, et mon neveu me manque beaucoup. Après j’ai du travail, avec Kok Thlok, et j’espère qu’ils m’attendent pour faire des sbaek thom encore et encore.

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Kali : Si tu devais garder en mémoire un moment de ces 11 semaines passées ici, lequel choisirais-tu ?

Koiba : Je veux garder en mémoire la première fois que j’ai vu François heureux, vraiment heureux et fier de notre travail, car parfois il souriait, mais le spectacle n’était pas bien, alors que, quand il l’était, son sourire était tout autre. Parce que je sais que l’histoire du spectacle est importante pour lui, et que j’ai voulu faire au mieux. Je n’oublierai pas les « Everybody please ! » de François, et les « Always waiting for Jean Christophe ». Et quand on chantait ensemble, j’étais heureux car je sais que je chante mal mais j’essaye. Je voudrais dire autre chose, je remercie la Compagnie l’Aurore et toute l’équipe, Lili, François, pour avoir créé ce projet et nous avoir permis de venir en France. Ce spectacle m’a apporté beaucoup, car c’était la première fois que je travaille dans un spectacle comme celui là. Merci à Fred pour la marionnette, pour ses conseils, ça m’a beaucoup aidé, car il connaît mieux que moi la manipulation. Merci Kali parce que parfois j’étais fatigué et triste avant le spectacle, et tu venais me faire rire et me remonter le moral. Et merci à Luc, pour avoir été à mes côtés pour me remonter le moral avec ses blagues. Merci à Jean-Christophe, pour les mêmes raisons, mais surtout parce que comme moi, il ne parle pas facilement mais quand il sourit je le comprends. Merci Fanny, pour le décor qu’elle a conçu, je suis heureux mais triste de ne pas l’avoir vue plus souvent. Merci à tous, pour tout et j’espère que nous allons tous profiter de l’expérience que ce travail commun nous a donnée, et que nous allons l’emmener avec nous au Cambodge, et que ça nous aidera pour notre travail là-bas. Que nous nous servirons de cette façon de diriger et d’agir ensemble, de prendre le temps de s’écouter, car je pense que c’est bon pour les artistes d’avoir des critiques constructives. C’est bon pour faire de belles choses ensemble.


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