le phare

Par Luc

Publié le 08 décembre 2015

Lumière.

Dans ce pays qui déborde d’images, d’objets, de mouvement, de fumées…

Où les yeux ne savent plus toujours où donner de la tête. Avec les œillères qui s’imposent dans ce focus que nous avons sur notre travail depuis des jours et des nuits, nous donnant parfois l’impression d’être perdus…

La lumière est venue



 

Après avoir avalé les bruits de la capitale jusqu’à l’indigestion, le calme de la « petite » cité de Battambang nous a relaxé les oreilles et ouvert la vue. Campagne luxuriante, plantes suspendues ornementant les devantures, pirates chinois à la délicieuse cuisine, horizons.
 

Marcher le soir sur les quais où parents et enfants jouent et redécouvrir un ciel étoilé avec une autre perspective… Guirlandes de guinguettes et fontaine devant le marché, étals de fruits colorés, galeries d’art, douceur. Comme un goût d’agréable petite cité balnéaire, même si nous n’étions pas là en vacances.
 

 


Phare Ponleu Selpak, encore un nom lumineux, c’est là que nous avions rendez-vous pour notre troisième première. Spectacle sous chapiteau, avec un noir total permettant enfin le travail sur la lumière. Avec elle, c’est magique et nos personnages, notre décor, nos mouvements se révèlent.

Notre histoire a pris tout son sens dans l’obscurité éclairée et nous l’avons bien racontée.

 

Ecole de cirque, d’arts plastiques, de musique, de théâtre, Phare permet aux enfants et adolescents des quartiers voisins un accès gratuit à l’éducation. Ils sont plus d’une centaine tous les jours, petits et grands, sur un site magnifique, à faire des sauts périlleux et autres cabrioles, à taguer les murs, à jouer de la musique sous les arbres où à jeter des regards curieux par la fenêtre des salles de répétition. Après avoir donné notre spectacle, nous y avons animé trois jours d’ateliers.



 

Tous ensemble, fonctionnant en duo ou trio, nous avons dirigé la fabrication de trois petites saynètes de marionnettes en papier, trois histoires différentes accompagnées de musique. Travail de manipulation de fleurs géantes, de papillons, travail de mouvement avec des acteurs costumés de papier, bestiaire fantastique de batraciens et autres dragons. Travail de coordination avec le rythme des percussions et les mélodies du Khem et du Tro. Travail de communication avec la vingtaine d’élèves parlant parfois anglais, mais surtout Khmer… Travail supplémentaire d’organisation, manquant de temps dans ce grand espace à partager avec d’autres ateliers, d’autres compagnies… Travail, travail, mais plaisir avant tout, malgré la fatigue, l’énergie est commune et l’échange revigorant.

 

Osmose, nos élèves nous ont montré à quel point ils connaissent ce mot lorsqu’il s’agit de monter sur scène, autonomes, impliqués, fonctionnant avec une grande intelligence collective malgré les différences d’âges. Et puis s’emparant de ce canevas que nous avons évoqué ensemble pour le transcender en public avec une grande assurance.

 

Résultat, samedi soir, en première partie du spectacle phare de Phare, un moment inoubliable de dévotion pour chaque mouvement et chaque note. Nous n’étions plus, nous aussi, que des spectateurs devant ces petites histoires poétiques qui sont devenues les leurs. Ils savaient que cette fois serait unique et que leur famille était dans les gradins, alors ils ont tout donné, recueillant des applaudissements dithyrambiques et unanimes.

 

 

C’est qu’ils étaient beaux, tous, dans la lumière qui brillait autant sur la scène que dans leurs yeux !

Et sous ce même ciel étoilé, nous avons une dernière fois partagé, nous nous sommes congratulés, chaudement remerciés, nos élèves ont tenu à nous offrir un krama pour chacun et nous avons presque pleuré. C’était trop court ! Il faudra revenir !

Ces quelques...

 

Heures passées avec ces petits et ces grands, en compagnie de nos deux compagnies rassemblées autour de la même idée pédagogique, le don, le partage ; ces moments forment la plus belle image de mon séjour au Cambodge. Je me suis senti enfin à ma place, et ma soif de découvrir n’en a été que plus grande. Je n’ai pas eu le temps de me promener dans la belle nature entourant Battambang, je n’ai pas pu voir les chauves-souris sortir de la caverne à la tombée de la nuit, ni le lac de lotus en fleur, je suis sûr que j’en aurais pris plein la vue, mais je ne regrette pas car j’en ai pris plein mon cœur,

 

Et j’ai réalisé soudain, à la lumière des yeux des enfants de Phare, à quel point j’aime ce pays.

 

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